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Les titres nobiliaires :On appelle fidalgo
celui qui porte un nom, morgado celui qui dispose également des droits qui y sont liés.
Nous avons conservé tels quels ces mots ainsi que leur diminutifs fidalginho, morgadinho
et usé de même pour certains grades militaires, certaines dignités ecclésiastiques,
administratives ou judiciaires qui ne correspondent pas aux nôtres.
L'argent : Les fortunes s'évaluent en cruzados, les dépenses
courantes en réis. Le conto n'est pas en soi une unité, il multiplie simplement par
mille les contos et les réis ; pris absolument il signifie mille cruzados. On
peut donner un ordre de grandeur des valeurs en euros :
le
réi = 0,05
le vintém = 1
le pinto = 2,5
le tostão = 5 |
le cruzado =
20
le quartinho = 60
la pièce ( d'or) = 350
le conto = 20 000 |
La géographie : Lisbonne et le Tage exceptés, tous les toponymes gardent
leur forme d'origine. De même pour les habitants : le Minho a ses Minhotos, Porto et
Braga ont leurs Portuenses et Bracarenses, Lisbonne ses Lisboètes etc.
Quelques rappels sur l'histoire du Portugal au XIXe siècle
Le plus clair des événements se situe entre 1810 et 1870, d’où les allusions à l’occupation
napoléonienne qui provoqua le départ de la famille royale pour le Brésil, au retour de D. João
VI après la révolution de 1820, à la constitution libérale qu’il dut accepter (1822) malgré
les réticences de la reine et de son fils cadet D. Miguel, qui régnera à la mort de son père
(1826), l’aîné, D. Pedro, ayant renoncé à ses droits, après avoir proclamé l’empire
indépendant du Brésil, à charge pour le roi d’épouser sa nièce, D. Maria II. En Mars
1828, une délégation de notables et de professeurs venus le féliciter fut agressée par des
étudiants, perdant deux de ses membres dans l’opération. Cela provoqua une sévère répression
contre les libéraux, et ne fut pas pour rien dans l’abolition de la Charte Constitutionnelle. C’est
cette abolition qui provoqua le rappel au Portugal de D. Pedro (1830), lequel parvint en 1834 à
chasser son frère, et mourut la même année.
Il sera souvent question des luttes entre légitimistes et miguélistes,
des troubles qui n’ont cessé de se produire, et particulièrement la révolution de Septembre
1836, la révolte des paysans du Minho, dite de Maria da Fonte, et des mouvements d’inspiration
libérale qu’on a appelés la Patuleia ; D. Maria ayant succédé à son père,
on trouvera le nom de ses ministres Cabral et Saldanha.
La Relação est la prison de Porto, le Limoeiro celle de Lisbonne.
Certains personnages ont fréquenté l’un ou l’autre de ces établissements comme Camilo
lui-même.
Des passages font allusion au lointain passé du Portugal, à son premier roi D.
Afonso Henriques qui dut assurer l’indépendance de son comté face à son cousin Alphonse VII,
roi de Léon et de Castille, avant d’entamer la reconquête face aux Maures en prenant Santarém
et Lisbonne (1147). Cette indépendance a été souvent remise en cause. La bataille d’Aljubarrota
met fin en 1385 à une invasion Castillane encouragée par une crise dynastique. Il est également
question de Gil Vicente, considéré comme le père fondateur des théâtres portugais et castillan
(il écrivait dans les deux langues), et célèbre ciseleur dont on peut admirer un ostensoir à la
Fondation Gulbenkian de Lisbonne.
Camilo Castelo Branco, 1825 - 1890
Pour ceux qui jugent qu’un auteur met autre chose dans
ses oeuvres que son talent, on pourra ajouter que l’auteur fut lui-même un bâtard un rien
turbulent, qu’il mena une vie plutôt agitée, avec un mariage précoce — l’épouse sera vite
abandonnée — une nonne enlevée, un grand amour longtemps contrarié et finalement couronné, ce
qui permit à Camilo de vivre longtemps avec ce qu’il considérait comme l’amour de sa vie,
avant de se tirer une balle dans la tête parce qu’il devenait aveugle. Il combattit à l’occasion
dans les rangs des miguélistes. Il fallait bien que ce polygraphe prît le temps de souffler entre
deux paragraphes.
On rendra hommage en passant à l'érudition du scrupuleux professeur Labourdette qui,
dans son Histoire du Portugal, a jugé, à juste titre que Camilo Castelo Branco était trop
fatrassier pour figurer dans son développement sur la "brillante vie culturelle et
littéraire" de ce temps-là. Cela dit, sauf sur ce point, cette Histoire est
exemplaire.
René C. Biberfeld
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