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II.  Le cri du caroubier




caroubier

  Claude Cham déplorait, devant ses étudiants, les souffrances que l’on inflige aux animaux, son fils, René Cham a voulu mesurer celles que l’on inflige au monde végétal.
  Si des animaux doivent être sacrifiés aux progrès de la médecine, disait le premier, ne peut-on éviter de les tourmenter plus que de raison, dans le seul but d’accroître le nombre de leurs bourreaux ? Sur le modèle du Guide du Routard, il avait mis au point une liste des élevages et des abattoirs à éviter à tout prix, et retenu quelques-uns qu’il jugeait passables, voire attentifs au bien-être des bêtes. Il fallait éviter les broyeuses à poussins mâles si l’on voulait trouver grâce à ses yeux. Il n’achetait pas de viande dont il ne pût suivre le parcours, de l’élevage à l’abattoir, et ne mangeait pas plus de cent grammes de chair par jour qu’elle fût à plumes, à poils, à écailles, ou enveloppée de galuchat. Quand l’un de ses enfants réclamait une double portion, il lui expliquait qu’un bœuf ne vit en général que deux ans, alors qu’il pourrait mourir à vingt, c’est comme si l’on avait dû abattre le goinfre à vingt ans. Était-il sûr de vouloir en reprendre ? S’il chassait le dimanche quand c’était permis, il ne s’autorisait qu’une balle, et comme il était plutôt bon tireur, il n’avait pas à poursuivre sa proie blessée avant de l’achever. Dans les battues aux sangliers ou aux cervidés auxquelles il était tenu de participer, il était bien obligé de mieux charger son fusil, mais ne tirait qu’à coup sûr. À ceux qui relevaient dans cette activité
 comme une contradiction, il répondait que son gibier avait été libre jusque-là de ses mouvements,  et de manger ce qu’il voulait. Il trouvait au demeurant lamentable qu’on en fît venir d’ailleurs, pour repeupler les régions ravagées par les viandards. 
   Des animateurs avides d’affrontements l’avaient invité sur un plateau, en compagnie d’éleveurs et de végétaliens tyranniques, ennemis de toute hiérarchie entre les espèces. Il n’aurait pas dû avancer que celle-ci existait déjà avant même l’apparition de la nôtre dans la mesure où l’on peut se trouver en bas ou en haut de la chaîne alimentaire, de l’herbe des prairies à l’herbivore, et de l’herbivore à nos concurrents carnivores, notre dentition faisant de nous des omnivores. Que faisaient-ils quand l’un de leurs enfants ramenait des poux de l’école, quand ils étaient eux-mêmes piqués par des puces ou des moustiques, sinon établir une distinction entre les bêtes qu’on ne doit pas manger, et celles qui nous dérangent ? Si une tique entreprend de sucer votre sang, gare à la maladie de Lyme, vous ne pourrez vous en défaire qu’en la tuant. Êtes-vous sûrs que, pour vous procurer les végétaux que vous acceptez de manger, l’on n’a pas exterminé un nombre incroyable d’insectes ? Un nuage de sauterelles, au demeurant comestibles, semble aussi respectable qu’une fourmilière humaine dont les effets sont aussi dévastateurs sur certains paysages, le doryphore est un coléoptère assez commun, le phylloxéra un hémiptère gourmand. Que ses contradicteurs surveillent plus attentivement les abattoirs et les élevages, les taureaux des corridas vivent deux fois plus que leurs congénères écouillés, autant que les vaches laitières qui ne passent de vie à trépas qu’après avoir fourni leur quota de lait et de veaux. Lui-même n’a jamais demandé aux bouchers improvisés de l’Aïd d’effectuer des stages assez longs dans les abattoirs pour limiter les cris des ovins et des caprins dans les baignoires des pratiquants. Il avait supporté sans broncher les affreux glapissements de la pasionaria de service, et les protestations des éleveurs qui faisaient valoir que la viande serait hors de prix si l’on traitait le bétail avec tous les égards qui lui sont dus.
   Ceux-ci n’étaient pas au bout de leurs peines. le professeur Johannes Heinrich Ruprecht étant parvenu à donner à des cellules animales élevées en souche la même consistance que des pièces de boucherie. Sa première épaule de mouton, os, cartilages et viande, ressemblait à s’y méprendre à une vraie, et l’un de ses filets de bœuf a réussi à tromper des goûteurs professionnels. Cela revenait même moins cher qu’un élevage respectant le cahier des charges traditionnel, à peine plus que ce que des inévitables fraudeurs essaient de nous refiler. Rien ne pouvait désarmer la rage militante de certains végétaliens : que l’on cultivât leurs cellules, où qu’on les tuât dans des abattoirs, cela revenait à exploiter certains animaux. Grâce à leurs efforts, il avait fallu expédier gentiment des chevaux qui tiraient des calèches, cela n’avait pas été nécessaire pour des élevages de dindons libérés qui n’avaient guère survécu dans un milieu qui ne leur était plus naturel. Quant à utiliser l’ADN d’espèces disparues, cela n’arrangeait rien, on ne respectait pas les droits des brontosaures et des mastodontes éteints. L’idée de produire de l’ivoire sans abattre aucun pachyderme était loin de calmer les esprits. Pour le plus grand bonheur des princes de l’agroalimentaire, le professeur Ruprecht a essayé de faire taire les critiques à sa façon en mettant au défi une bonne douzaine de gastronomes qu’il avait invités chez lui d’identifier la viande qu’on leur servait. Ceux-ci donnant leur langue à un chat carnivore, il leur avait annoncé que l’on n’avait pas besoin d’être mis en croix pour nourrir ses fidèles de sa chair et de son sang. Il y avait eu comme un haut-le-cœur. Qu’il y ait ou non mort d’homme, l’anthropophagie reste pour le plus clair de l’Humanité une abomination. Les convives avaient pris un plaisir certain à savourer la chair de leur hôte. Les plus furieux dévots ne pouvaient laisser passer cela. Le malheureux professeur avait beau protester qu’il n’avait pas exploité d’autre espèce que la sienne en l’occurrence, il avait foulé aux pieds les convictions religieuses, et la sensibilité de la plupart de ses semblables. On lançait des fatwas à tout va, les prêtres fulminaient en chaire, papistes et parpaillots confondus. Ce sont cette fois-là des chrétiens qui se sont dévoués pour faire passer le professeur Ruprecht de vie à trépas. Celui-ci avait hélas diffusé sur la toile ses procédés de fabrication. Aucune police ne pouvait empêcher à un bon père de famille d’acheter un steak pour nourrir une nombreuse nichée. 
    La vocation de René Cham a été déterminée par un caroubier qui se mourait à côté d’un chantier. Je le vois crier avait dit l’adolescent à sa mère qui beurrait ses propres épinards avec les Sciences de la Vie et de la Terre, les Naturelles ayant été jetées depuis longtemps aux orties. Elle ne fut pas surprise d’une telle assertion. Les plantes n’ont peut-être pas de cerveau, ni de neurones, ni de synapses, mais leurs racines perçoivent si bien les vibrations qu’on peut avancer qu’elles ont plus d’oreilles que les murs, elles détectent si bien l’humidité et la présence d’éléments nutritifs dans le sol qu’elle n’était pas choquée à l’idée qu’elles puissent avoir autant de terminaisons nerveuses que nos doigts, et de papilles gustatives que nos langues. Elles manifestent une telle soif de lumière en surface, que l’on est en droit de considérer les feuilles comme autant d’yeux, avec leurs stomates qui s’ouvrent pour la laisser entrer, et se referment, quand la chaleur devient trop forte afin de limiter une sudation qui les déshydraterait complètement. Un être vivant qui voit sans yeux, entend sans oreilles, dispose d’un odorat et du sens du toucher, peut bien crier sans bouche, ni cordes vocales. Si le gamin le voit crier, ce caroubier, c’est qu’il doit crier en effet. Le collégien boit ces explications comme du bon sirop d’orgeat. De telles considérations étaient alors fort mal vues par des antispécistes comme si le fait d’imaginer la moindre sensation chez les plantes, revenait à sous-estimer les souffrances des bêtes. Ronsard exprime, dans une de ses élégies, des sentiments identiques à ceux du petit René Cham, même s’il a besoin de mettre des dryades à contribution :
 
            Écoute, Bûcheron, arrête un peu le bras,
            Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas,
            Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force
            Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?

   Son père l’encourage vivement à s’engager dans cette voie. Ça ne lui déplaît pas de voir son fils s’occuper des plantes comme il s’occupe lui-même des animaux. L’étudiant s’est assez vite spécialisé dans l’étude de l’intelligence végétale en suivant le protocole ordinaire, recherche d’informations, traitement de ces informations, échange entre les plantes, entre celles-ci et les autres manifestations de la vie, champignons, bactéries, insectes, et l’ensemble du monde animal. Il reproduisait les expériences de ses prédécesseurs, sans oublier le cri du caroubier. On savait depuis longtemps que les végétaux émettent une sorte de clic quand, lors d’une période de sécheresse, une bulle d’air s’insinue dans un de leurs vaisseaux, que ce cri purement mécanique, c’est leur façon à eux de crier, pour soulager leur douleur ou leur peur, voire prévenir les congénères du danger. Il faut se garder de tout anthropomorphisme. Si les plantes ne vivent pas à notre rythme, elles peuvent avoir leur manière à elles de souffrir. S’agissant des animaux, ce n’est pas parce qu’une mouche à laquelle on arrache les pattes ne crie pas, qu’elle ne souffre pas, et ne ressent pas l’angoisse d’en être privée…
   Il se contentait, dans ses cours, de faire assimiler à ses étudiants ce qu’on savait déjà de l’intelligence végétale, réservant à un tout petit nombre d’élus ce que selon lui, la communauté scientifique n’était pas prête à admettre. Il avait pris la précaution de déposer des brevets dont il ne faisait pas état, l’on n’avait pas besoin de savoir que les plantes n’émettent pas que des clics de détresse. Il avait mis au point des capteurs capables de les détecter, et des programmes qui permettaient de les interpréter, à condition de ne pas trop s’accrocher aux règles de notre propre langage. Quand on se meut dans les sphères de l’intraduisible, mieux vaut ne point trop se braquer sur de simples approximations.
   Peut-être ne mesurait-il pas l’effet de certaines plaisanteries sur des esprits un peu gourds. Quand, au début de l’année, il déclare que le DACU (Dernier Ancêtre Commun Universel) n’est pas le dahu que l’on peut surprendre sur les pentes de certaines montagnes, cela ne prête pas à conséquence. Mais quand il affirme que les capteurs sensibles étant partout répartis sur une plante, celle-ci est condamnée à éprouver sans cesse le désagrément d’être broutée, mutilée de ses feuilles, de ses branches, écorcée par le caprin qui passe, tel Prométhée cloué à son rocher, dont un aigle vient chaque jour arracher des lambeaux de foie, cela peut entraîner certaines conséquences. Prométhée a son secret, il finira par être libéré. Les plantes sont condamnées à rester accrochées au sol par leurs racines. Il a beau préciser qu’il s’agit là d’une douleur d’une autre nature, compensée par le plaisir que les végétaux peuvent prendre à se régénérer, le mal est fait. Il sent une lueur d’inintelligence éclairer certains visages. Une feuille de roquette est sans doute assez vite remplacée, mais qu’en est-il des carottes, les radis, les navets, les tubercules de la pomme de terre ? Au moins auront-ils eu le plaisir de donner naissance à d’autres êtres à leur image en mettant les vents et le monde animal à contribution. Il peut dire ce qu’il voudra. On gardera l’image du foie de Prométhée. Il essaie de limiter les dégâts en faisant remarquer qu’en élaguant les arbres, on leur épargne le souci d’attendre qu’une bourrasque ou la gravité finisse par faire son travail, mais force est de reconnaître que si l’on a favorisé le développement de certaines céréales, notre avarice nous a poussés à produire des espèces hybrides qu’on ne peut ressemer. Peut-être a-t-il eu tort de faire goûter des pommes rondes et grosses et d’autres, apparemment racornies, conservées sur des claies, et bien plus goûteuses, d’affirmer qu’une orange sans pépins, c’est comme une sardine sans arêtes, les seuls spécimens de ces dernières se trouvent dans des boîtes, de regretter que l’on ne proposât plus de mandarines sur les marchés (presque autant de pépins que de pulpe) juste des clémentines, de déplorer le fade eugénisme de producteurs qui tablent sur la paresse et la naïveté des consommateurs. Le mal était fait. Les premiers magasins de primeurs sont attaqués dès la troisième décennie de ce millénaire, comme naguère les boucheries-charcuteries, et l’on commence à regarder les boulan-geries et pâtisseries d’un air mauvais. Cela donne lieu à des rixes d’autant plus violentes que les consommateurs ne voient plus trop comment ils pourront se nourrir.
   René Cham contrarie les margoulins de l’alimentation au moins autant que le défunt professeur Johannes Ruprecht lorsqu’il parvient à retrouver des céréales originelles à partir des hybrides, sans leur laisser le temps de déposer un brevet sur le vivant reconstitué. On ne pouvait lui interdire de proposer le résultat de ses travaux, même si son blé ou son maïs ressemblait à s’y méprendre à ceux qu’on n’était plus autorisé à ressemer, même s’il est arrivé à remonter jusqu’à l’espèce originelle qu’il réserve aux agriculteurs de bonne volonté.. On ne peut non plus lui reprocher d’utiliser les caractéristiques naturelles des végétaux, leurs compatibilités et leurs incompatibilités, comme leurs moyens de défense contre les intrus. Ses potagers expérimentaux ne ressemblent à aucun autre. Il s’y retrouve ainsi que ses disciples en l’absence d’allées et de carrés, des ronciers prospèrent aux endroits stratégiques, plus d’un intrus s’est vilainement blessé à l’un de ses merisiers. On lui reproche d’avoir créé son propre label qu’il réserve aux maraîchers qui suivent ses leçons. Une fois repéré le terrain à traiter (même en allant vite, cela pouvait prendre une bonne année, quoique les vers soient friands de terres à retourner) il ne l’utilise qu’après l’avoir restauré. Les terres mortes pour d’autres que lui se vendent une bouchée de pain. Il réussit, après les avoir ressuscitées, à y recréer des variétés que l’on croyait disparues.
   Là où ses capteurs, de plus en plus sensibles, lui ouvrent le plus de perspectives, c’est quand il perçoit un meilleur équilibre chez les végétaux entre intelligence individuelle et intelligence collective, au-delà et en deçà d’une inévitable concurrence. Il soupçonne, chez eux, une mélancolie aussi douce et prégnante que celles des exilés de Babylone quand ils expriment dans leurs psaumes le mal du pays. ‘Si tu oublies Jérusalem…’
   C’est à ses frais qu’il va ausculter les forêts galeries de l’Amazone et du fleuve Congo. Il ne reste pas sourd au malaise des immenses palmeraies implantées dans le Mato Grosso et l’île de Bornéo. C’est en Nouvelle-Zélande qu’il se rend compte que plus sensibles que nous aux forces naturelles qui règlent l’univers, elles perçoivent bien mieux la musique des sphères, et celle de leur propre planète.
   Sentant qu’il heurtera encore plus l’outrecuidance naturelle d’une espèce dont l’intelligence est née de ses propres limites, il propose au public un Guide du Routard à l’intention des végétaux, sur le modèle de celui que son père consacrait aux bêtes à sacrifier. Leurs souffrances, quoique différentes des nôtres, y est tellement sensible, qu’on déplore de plus en plus d’attaques contre les magasins de légumes, les potagers, on ne compte plus les affrontements entre les céréaliers et les militants dont on se demande bien de quoi ils peuvent se nourrir, mis à part les fruits à condition de lâcher pépins et noyaux dans la nature, les fèves et des haricots, les lentilles surtout, René Cham touche un petit pourcentage sur la farine que donnent son blé et son maïs retrouvé, le pain et les pâtes que l’on fabrique avec, ce qui lui assure un certain confort matériel. Bien qu’on les utilise comme ailleurs, ces céréales semblent jusqu’à leur fin plus heureuses que leurs misérables descendantes.
   Peut-être n’aurait-il pas dû écrire un roman d’anticipation sous un pseudonyme qui ne pouvait tromper aucun lecteur dans la mesure où l’on reconnaissait ses idées et le style de ses ouvrages. Qui d’autre qu’un botaniste pouvait savoir que lorsque le haricot de Lima se sent menacé par un acarien herbivore, il produit une molécule pour attirer un acarien carnivore. Dans La Patience des Plantes, il imagine que l'ensemble du monde végétal doit lutter contre la tentation de favoriser l’éclosion d’une bactérie patiemment conservée jusque-là dans un permafrost qui ne tardera pas à se transformer en bouillasse, afin de pratiquer des coupes claires dans notre espèce. On sent que la terre elle-même ne verrait aucun inconvénient à voir la population mondiale passer au-dessous du milliard d’individus, les forces cosmiques environnantes n’ont aucun avis là-dessus, les espèces animales qui subsistent aimeraient bien continuer à subsister. En dernier ressort, c’est au monde végétal de se prononcer. Le titre souligne le fait que, face à un danger identique, les hommes n’hésiteraient pas.  Les arguments se croisent, où l’on sent une certaine compassion même chez les ennemis les plus déclarés de notre espèce, une compassion dont celle-ci se montre incapable, parfois même envers ses semblables. Un gros succès de librairie, hélas, beaucoup de menaces de mort contre l’auteur et sa famille, des champs et des potagers expérimentaux attaqués au lance-flammes. Il valait mieux disparaître de la circulation.
   René Cham a trouvé refuge dans une campagne, loin de tout, où il étudie le sommeil paradoxal des plantes.

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René Biberfeld - 2019
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